Vivre sur la terre des hommes comme des sous hommes (2)

Ouiiiiiiiiiii j’aurais vu la Tour Eiffel

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Mais au prix de quel sacrifice émotionnel

Au prix de quels efforts sensationnels

Mon meilleur ami a fumé la pipe cherchant un oasis dans le désert

Nous avons économisé durant 5 années de dur labeur

Mais au finish son argent l’a emporté de ce vaste territoire de sable

Un litre et demi, c’est la quantité d’eau à emporter et à tenir pour la traversée

 Quelques beignets, juste pour dire au ventre tais-toi c’est bientôt l’arrivée

On ne sent plus la douleur de nos jambes, ce qui importe c’est de continuer

L’horizon est vaste, on ne voit rien mais nous sommes obstinés à ne point reculer

La mort sur ce trajet est un épi phénomène

On se dit quoi qu’il en soit, mieux vaut mourir à la recherche du bonheur

Pourtant, on fuit la misère de nos pays pour vivre une scène cauchemardesque

On fuit la guerre, mais on est poursuivi dans le désert par des hommes en armes

Ils sont eux-aussi, à la recherche de leur butin de guerre

Fallait voir ces enfants accrochés au dos de leurs mères

Fallait voir ses femmes enceintes se tenir de douleurs

Fallait voir ces fortunés de leurs pays abandonner leurs mœurs

Fallait s’étonner de voir l’homme vendu par un homme

Fallait être surpris de te rendre compte que la vie ne tient qu’au bout d’un fil

Fallait admettre qu’on est rien, juste des marchandises rentables pour les passeurs

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Que dirais-je de la méditerranée ?

Ce vaste océan si magnifique par ses couleurs

Le bruit des vagues et leurs violentes forces qui font peurs

Face à ce monstre irrassasiable de la chair humaine, une pirogue, un canoë

 

Tu repousse les bus surchargés de ton pays, mais là on ne fait rien avec ça

Empaquetés comme des bûchettes dans une boîte de sardine

Ignorant toutes mesures de sécurité ni de sauvetage

On accepte d’affronter notre peur même si on n’est plus serein

Ouiiiiiiiiii Paris et la Tour Eiffel à quel prix ?

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On n’oublie toutes les galanteries

Il faut bousculer, remuer, se coincer s’imposer pour espérer respirer

Une fois l’air fraîche dans les poumons on se met en position de prière

On espère ne pas mourir, ni croiser les garde-côtes

Mais quand la mer crie de sa plus belle voix,

Nos supputations réclament un bateau de sauvetage, il nous faut vivre notre rêve

Fébriles, menottés, apeurés, suffoqués, assoiffés, je veux voir PARIS

Et pourtant quand on m’a dit ne pars pas, j’ai répondu tout le monde ne meurs pas

Et pourtant quand on m’a pourquoi tu veux partir, j’ai dit mon rêve, fuir la peur

Fuir la misère, la galère, la guerre, la douleur, pour vivre le bonheur

Et pourtant ces mots sur mon chemin sont faibles à côté de ce que nous vivons

Aujourd’hui, je suis à PARIS

Je suis à la Tour Eiffel vivant comme un fugitif

J’ai peur chaque jour qui passe car on peut me rapatrier si on m’attrape

Je vie dans des conditions si dures que mon BABI natal est mieux

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Aucune famille pour t’écouter et te réconforter

Aucun ami pour te SOUTRA, ni même te donner un merdique boulot de planton

Aucun employeur ne te veut, tu es sans papier

Si tu trouves un boulot dans ces conditions, tu ne jouiras point de ses fruits

Ton père est mort te trouvant là-bas, mais tu ne peux pas venir

OPAH, excuses moi, même cotisation des funérailles je ne peux pas

Ta mère meurt tu ne peux pas venir

Tu voulais changer la situation de ta famille, mais tu as épuisé toute son économie

Tu voulais apporter de l’espoir en famille, mais tu as semé la souffrance

Tu voulais changer d’ère, tu n’es plus loin de l’enfer

Tu voulais faire le buzz, c’est ton histoire qui sera ton héritage

Tu voulais devenir fortuné, tu as rencontré une vie infortune

Chacun de tes pas, est une avancée mais pas une assurance de changement

Peu à peu tu deviens nostalgique de ton passé

Ta vie dans ton pays où tu pouvais au moins de déplacer

Ouiiiiiiiiiiiiii PARIS et la Tour Eiffel, à quel prix mes frères !!!!!!!!!

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Vivre sur la terre des hommes comme des sous hommes

J’ai quitté mon berceau à la recherche d’un endroit plus beau

J’ai abandonné mes souvenirs à la conquête d’un avenir

Jamais vu le désert mais aucune peur face à son air

Je ne sais pas nager, mais que pourrait bien faire la mer à ma volonté armée

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Je suis un héros

J’ai affronté et combattu la terre, la mer, et les soldats amers

Je suis aujourd’hui calé, assis dans un maquis, pensant à ma survie

Chaque jour est une nouvelle bataille

Je dois être plus fort

Car, comme le lion dans la forêt, la police est à ma trousse

Comme la gazelle, je dois courir plus vite sinon c’est le retour au bled

Se nourrir n’est pas toujours une priorité, nous on se contente des restes dans les poubelles

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Mais comment ne pas supporter cela, quand mes photos sur la tour Eiffel font le buzz sur le net

Comment ne pas vanter mes mérites quant au bled tout le monde parle de moi

Je vis comme un cafard ou une souris qui a peur de se faire tuer, mais qui va le savoir

C’est mieux ainsi, car au pays, c’est la misère

Oui, en vérité un clochard en Europe est mieux qu’un cadre dans mon pays

Je rêve grand et je garde espoir

D’ANOUMABO à PARIS c’est possible

De WASSAKARA à PARIS c’est possible

Peu importe la manière, je dois écrire aussi mon histoire.

La vie dure, le froid nous mélange, on survit au lieu de vivre

La solidarité a foutu le camp

Ici chacun cherche à sauver sa peau

Notre plus  GRAND défi, ne pas faire honte à la famille

Revenir en BINGUISTE dans notre quartier, c’est le véritable CHALLENGE

Et même si je meurs, au moins j’aurais vu la Tour Eiffel.

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La main d’espoir (1)

C’est l’ histoire d’un jeune homme très brillant, intelligent et ayant obtenu son baccalauréat série A1 avec 254 points soit la mention assez bien.

Yacou, a eu une enfance joyeuse, on dira simplement pas terrible. Originaire du nord de la Côte d’ivoire, son enfance s’est résumé à aller à l’école, jouer et aider ses parents pour les travaux champêtres dans les champs de coton. Malgré cette occupation, il réussissait à faire la différence à chaque fois en classe. Les professeurs et ses amis étaient toujours étonnés de ses résultats. En réalité il était un éternel premier de classe.
Son succès l’a toujours accompagné jusqu’à ce qu’il décroche son BAC avec la mention assez bien. N’ayant jamais mis les pieds à la capitale politique de la Côte d’ivoire, notre héros du lycée va découvrir Abidjan dans toute sa splendeur.

À son arrivée à Abidjan pour cette première fois, il sera le premier « gaou » d’un chauffeur de compteur. Ce dernier qui le prend à Adjame jusqu’à abobo sogephia fera payer la somme de 10 000 à notre champion. Celui qui parcourait des kilomètres à pied dans son Dabakala natal comprend aussitôt que les choses vont changer.

Par la suite, c’est l’université qui l’accueille. Ah la belle université avec son monde fou, ses bâtiments truffés de graffiti, ses rangs un peu partout (même pour manger il faut faire rangs). Notre champion qui venait pour sa préinscription est émerveillé de voir cette crème, la crème des crèmes de tous les étudiants ayant obtenu le Bac au plan national. Ce qui va plus l’intimider c’est surtout ce discours parfois guerrier et interrogateur du syndicat d’étudiants qui gère le rang des préinscriptions. On pouvait entendre « si au lycée tu étais génie, ici tu deviendras homme. Si au lycée tu étais homme, ici tu deviendras mouton. Mais si au lycée tu étais mouton,  mon frère il n’y a pas ta place ici. » Ce  discours que plus d’un étudiant entend lors des phases de preinscriptions perturbe la sérénité de Yacou. Mais il décide de s’inscrire en faculté de droit après tout le mystère que le syndicat fait miroiter sur les filières comme physique chimie, mathématique informatique qui sont considérés comme des zones de fin de carrière.

Yacou pensant venir pour à peine deux jours, fera plus de deux semaines avant de finir sa preinscription à l’université de Cocody. Le peu d’argent que les parents ont pu lui remettre est quasiment fini. Il lui reste à peine pour se déplacer en bus et pouvoir manger une fois au moins par jour.

C’est dans cette difficulté qu’il va se rendre compte qu’à l’université la chose la mieux partagée est la galère de l’étudiant. Problème de dortoir, de déplacement, d’accès aux amphithéâtres et surtout l’absence de documents. Tous ces renseignements font une belle expérience pour notre ami qui, à travers un emprunt va retourner chez lui.

Le retour définitif de Yacou  se fera à l’annonce des résultats des preinscriptions et du début des cours à la faculté de droit. C’est si passionnant lorsqu’en première année vous rencontrez des professeurs que vous n’aviez l’habitude de voir qu’à la télé. Le monde fou d’étudiants en amphithéâtre mais aussi tout ce monopole organisé et géré par ma Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI).  Tout absolument tout passe par eux. Le transport, l’hébergement, les bourses, les demandes d’aide et même la restauration. Parfois même, des places en amphi sont réservées exclusivement pour eux. Mais attention à ne pas les avoir à dos sinon au revoir à l’université en bonne santé où avec un handicap pour ceux qui ont de la chance.

Cette atmosphère difficile, en plus d’être effrayant viendra compléter les difficultés quotidiennes de Yacou.  Le tuteur qui te dira « débrouille toi pour manger, ce n’est pas la charité chez moi ». Les cartes de bus à acheter, les fascicules des professeurs à acheter parfois sous la menace d’avoir de mauvaise note à la composition, etc. Et quand il appelle au village on lui dit ici ce n’est pas la période des récoltes donc tiens bon nous aussi on se cherche. En pareille situation, comment réussir à produire de bons résultats universitaires ?

Yacou, tout doucement va intégrer la FESCI pour bénéficier de ses largesses.

On s’en fout! Nous, c’est ensemble qu’on est libre

7 483 428 484 personnes dans le monde au mardi 11 juillet 2017 à 23 h 05 min et 27 s

Ce chiffre m’a impressionné lorsque je l’ai découvert. Il m’a impressionné pour plusieurs raisons:

D’abord, je me suis rendu compte qu’il existe plus de 7 milliard de personnes comme moi, qui sont juste des hommes et rien d’autres, juste des hommes.

Que me dira t’on?

l’on racontera qu’il y’a des blancs, des jaunes, et des noirs.

l’on me dira qu’il y’a des musulmans, des chrétiens, des bouddhistes, et même des animistes.

l’on me dira qu’ils sont de partis politiques différents et qu’ils aspirent tous à la conquête du pouvoir.

l’on me dira qu’ils sont pauvres et d’autres riches.

l’on me dira qu’ils sont instruits, éduqués ou analphabètes

l’on me dira qu’ils sont malade, bien portant ou invalide.

Et moi je crierai haut et fort: on s’en fout, c’est ensemble qu’on est libre

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Crédit photo: Equipe initiative Libres ensemble.

Oui! on s’en fout, c’est ensemble qu’on est libre.

Ne vois-tu pas combien nous sommes fragiles?

Il y’a aujourd’hui plus de 244 millions de migrants internationaux dans le monde.

La peur nous fait fuir.

La famine nous amène à nous déplacer.

Pour des raisons d’emploi, nous mourrons dans le désert et dans la mer.

Au nom de notre bien-être familial, nous voyageons à la recherche du bonheur.

Tellement de raisons  font de nous des êtres si faibles et si nécessiteux.

Pourtant, il y’a encore des gens pour créer des préjugés.

Est-il judicieux de créer  autant de différenciation entre les hommes?

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Crédit photo: Equipe initiative Libres ensemble

180’000 morts en 2014

Alors que les 63 conflits en 2008 avaient fait un total de 56’000 victimes, plus de 180’000 personnes sont mortes dans les 42 conflits en 2014, soit plus de trois fois plus.

Voilà ce à quoi ressemble la barbarie humaine. Notre amour de la division, des préjugés, des stigmatisations.

Voici ce que nous sommes capables de faire dans cette société moderne, au 21ème  siècle.

Nous sommes toujours spontanés dans les actes de distinctions, de différenciations et cela nous conduit à la stigmatisation des autres.

Pourtant, sommes nous si différents?

Sommes nous meilleurs que les autres?

Sommes nous plus juste que les autres?

Sommes nous exempts de reproches et l’incarnation de la pure perfection?

Sommes nous capables de déceler en l’autre notre moi qui n’est pas moi mais qui complète notre moi?

c’est pourquoi moi je dis: on s’en fout, Nous, c’est ensemble qu’on est libre!

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Crédit photo: Equipe initiative Libres ensemble

Il est donc primordial pour nous de partager des valeurs communes

Mettre l’accent sur ce qui nous unis

Accentuer notre fraternité autour de ce qui fait de nous des êtres différents des animaux

Savoir apporter de l’espoir et de la joie à l’inconnu

Car en réalité, as-ton besoin de connaître l’autre pour lui accorder du respect, de la solidarité et l’accepter dans sa liberté ?

Imaginez le bonheur que vous ressentez à chaque fois que quelqu’un vous traite avec tellement d’estime et de respect

Imaginez vous dans une société où s’exprimer est un luxe?

Imaginez-vous que se déplacer dans le monde dans lequel vous êtes, est un casse-tête chinois.

Imaginez vous dans un monde où jouir de ses droits civiques est une bataille au quotidien

Imaginez vous dans une famille dans laquelle, vous êtes seuls face à vos problèmes? à vos peurs? à vos inquiétudes? à vos rêves et défis

Je suis sûre qu’un tel monde est impossible à vivre,

Alors pourquoi ne pas me rejoindre dans ma logique: on s’en fout, Nous c’est ensemble qu’on est libre.

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Crédit Photo: Equipe initiative Libres ensemble

Libres ensemble,

C’est assurer sa liberté en contribuant à la liberté des autres

C’est accepter l’autre dans ses principes et valeurs

C’est comprendre que nous sommes tous des hommes et que l’autre à ses propres opinions et croyances

C’est surtout s’engager pour protéger la liberté des autres dans nos familles, communautés et pays.

Libres ensemble,

C’est donner du respect à tous, même au plus petit que soit

C’est comprendre que nos actes, nos paroles et nos gestes peuvent frustrer, heurter et agresser les autres

C’est encourager les autres à travers des gestes simples: même un sourire peut donner le bonheur

C’est recevoir la joie qu’on partage autour de nous.

Libres ensemble,

C’est apporter un appui aux autres

C’est identifier et évaluer le besoin de solidarité autour de nous

C’est donner un coup de pouce à nos proches mais aussi aux inconnus

C’est arrêter de faire de la différenciation et comprendre que les problèmes sont le dénominateur commun de tous les hommes

C’est mettre notre élan de patriotisme, de nationalisme et d’appartenance ethnique, religieuse, politique de côté et se dire tout homme est un homme, donc je l’aide.

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Soutenons tous la campagne Libres ensemble pour renforcer la cohésion sociale et l’harmonie des peuples du monde!!!

ON M’APPELLE L’ENFANT VICTIME

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Selon vous que me reste-t-il à voir encore sur cette terre ?

A mon âge on m’a surnommé le guerrier

A mon âge je  maitrise mieux une arme plus qu’un policier

A mon âge j’ai déjà été amputé

A mon âge j’ai connu l’indigne déshonneur d’être violée

A mon âge j’ai assisté lâchement à l’horrible scène de mes parents tués

A mon âge les bruits des armes ne peuvent plus m’effrayer

A mon âge, mes larmes se sont transformées en armes

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Selon vous que me reste-t-il à voir encore sur cette terre ?

On m’appelle l’enfant victime

J’ai arrêté de vivre, je survis

Les études ? C’est un luxe, ce n’est pas pour les enfants victimes comme moi

Manger ?hum ça c’est une lutte au quotidien

Se vêtir ? Quand on a faim on ne cherche pas à s’habiller

Le mariage ? Ce n’est pas fait pour moi, je suis stigmatisé car j’ai été violée

Travailler ? Je me demande ce que signifie ce mot pour une personne sans qualification

Se soigner ? Moi je prends les comprimés de rue et je bois les décoctions

La famille ? Chez nous on les voit seulement quand il y’a inhumation

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Selon vous que me reste-t-il à voir encore sur cette terre ?

On m’appelle l’enfant victime

Je vis d’eau et d’espoir

Je rêve d’un monde meilleur où la vie est une foire

Je rêve d’une possible réparation

Car je veux aussi bénéficier d’une bonne éducation

Je veux contribuer à la construction de ma nation

Faire le farot dans les rues comme on le voit dans les clips des chansons

Epouser la femme de mes rêves et vivre avec elle dans une belle maison

Je veux connaître le loisir de voyager dans l’avion

Je veux pouvoir jouir de mes membres malgré mon amputation

On m’appelle l’enfant victime

Je veux pouvoir vivre de mon rêve et d’espoir

Connaître la joie d’être un enfant

Admirer le sourire plein d’amour d’une maman

Connaître la joie de jouer avec des amis, mes frères et d’autres  enfants

Oublier les souvenirs monstrueux de cette guerre qui me hante tant

Je veux espérer d’un avenir sans violence

Je veux cesser d’être une victime et savourer la douceur de la vie.

TOURE ISSOUMAILA

Journée mondiale de l’enfant 2016

Afrique : l’immigration clandestine, pourquoi les jeunes africains préfèrent-ils investir dans la mort?

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Article 12 : « Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l’exil.
Toute personne persécutée en raison de ses convictions politiques, religieuses, philosophiques, ou de son appartenance ethnique peut bénéficier du droit d’asile sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, sous la condition de se conformer aux lois de la République. »
Cet article de la constitution d’Août 2000 est sans doute une référence ivoirienne mais rentre dans le cadre de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, déclaration qui autorise la migration légale et impose le devoir de protéger aux Etats, pour les individus qui souffrent le martyr (politique, économique, social, environnemental). Pourquoi donc, en dépit des dispositions légales autorisant le déplacement des personnes à travers le monde, des jeunes africains s’adonnent-ils à des déplacements « macabres » ?
Afrique : berceau de l’humanité ; berceau de l’immigration clandestine
L’Afrique, berceau de l’humanité, et continent dont l’économie est prometteuse selon African Diaspora Network Europe, demeure le spectre du phénomène d’immigration clandestine. Chaque année, le continent est frappé au quotidien par la perte de ses enfants aux larges de ses propres côtes. Les raisons sont diverses, mais nous tâcherons d’en aborder quelques-unes au plan politique, économique, et social, avant d’aborder les conséquences de cette migration et la réponse des jeunes leaders africains réunis à l’occasion d’un sommet à Lomé (Wayls togo 2016).

La mauvaise gouvernance : principale raison du phénomène de la migration clandestine

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La principale raison du déplacement massif des populations en Afrique demeure la mauvaise gouvernance. En effet, une élection sur deux sous nos tropiques est tachetée de sang, de fraude, de violations graves des droits de l’homme, d’atteinte aux biens et à l’intégrité physique des personnes. Le seul cas de la Côte d’Ivoire, a fait état de plus de 3000 morts à la suite de l’élection présidentielle de 2010. On déplore en outre des millions de personnes déplacées internes, sans omettre tous ces vaillants enfants du pays contraints à l’exil pour des raisons d’insécurité. Et comme si cela n’avait pas servi de leçon, nous avons malheureusement constaté des émeutes au Burkina Faso, en Centrafrique, récemment au Gabon,où on n’a pas encore fini de compter les victimes. Les jeunes, premières victimes des décisions politiques prises par les gouvernants de leurs pays, sont au centre de toutes ces manifestations de mécontentement lesquelles finissent par porter atteinte à leurs droits les plus légitimes et les plus importants dont le droit à la vie. Au Nigéria, et dans sa périphérie (Cameroun, Tchad, Niger, Mali, Algérie etc.), ce sont des attaques djihadistes dont le cas de la secte islamiste Boko Haram et de ses alliés, qui ne cessent de zigouiller, kidnapper, réduire en esclavage et prendre en otage des populations qui souffrent énormément déjà. Ces attaques ont engendrés plus de trente mille personnes victimes d’actes de terrorisme en 2015 selon l’un des rapports du Global Terrorism Index . Fort de toutes ces intempéries sociales, peut-on espérer un avenir personnel et professionnel dans de telles conditions ?

Afrique émergente avec une population pauvre

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Est-il pertinent d’aborder la question des conditions économiques de nos Etats africains. Le slogan du siècle et qui a certainement marqué les esprits en Afrique est la vague des Etats dont la vision est d’atteindre l’émergence soit en 2020, 2030 voire 2050. Les gouvernements africains ont donc fait le choix de la politique macro-économique basée sur la construction d’infrastructures (routes, bâtiments, ponts etc.) Les croissances économiques ont fortement progressées ces dernières années et certains Etats envisagent même atteindre des taux de deux chiffres avant 2020 à l’instar de la Côte d’Ivoire. Toutefois, c’est assez paradoxal de voir que malgré ces progressions, c’est la misère, le taux élevé du chômage, l’accroissement du banditisme juvénile (cyber criminalité, constitution de gangs, agression et crime en bande organisée etc.) au sein de la population. La population grogne et parfois se lâche pour certain en disant : « On ne mange pas route, On ne mange pas pont, on ne mange pas échangeurs ». L’Afrique souffre de son manque de politique d’emplois selon M. Didier ACOUETEY . Selon lui toujours, C’est au minimum quinze millions de jeunes africains qui accèdent au marché de l’emploi chaque année en Afrique, alors que le continent ne produit pas autant d’emploi. Non seulement les emplois manquent de façon notoire, mais aussi, la ressource humaine parfaitement qualifiée est une denrée rare sous nos tropiques. Est-ce un cadre idéal pour une réalisation personnelle ?

Europe: Mesures d’entrée, un véritable casse-tête chinois

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Une dernière raison assez évocatrice est certainement le renforcement ou le durcissement des mesures d’entrée sur les territoires européens. La politique de l’immigration choisie, mise en oeuvre par la plupart des Etats européens, réduit considérablement les chances des jeunes sans emplois et sans qualifications ni expériences aucune, d’accéder aisément à l’octroi de visa et autres documents administratifs légaux autorisant leur installation en terres européennes. Mieux, même les jeunes qualifiés, procédant par les voies légaux de demande de visas, n’ont pas de facilité. Plusieurs jeunes ont manqué des opportunités des stage ou de formation en Europe car ils sont stigmatisés à tord ou à raison. On estime que s’ils vont, ils ne reviendront plus. Face à tous ces facteurs, nombre de ces jeunes africains ont décidé de choisir d’investir dans l’immigration clandestine, « l’eldorado ou la mort

L’immigration clandestine : un eldorado ou la mort
Ce sont vingt deux mille migrants qui sont morts dans la mer, aux larges des côtes africaines en partance pour leur rêve d’atteindre l’Europe selon le rapport de du Haut Commissariat aux réfugiés, information relayer par l’Agence Anadolu. Selon certaines informations recueillies auprès de certains migrants ayant échoué leur périple, le voyage coûte à chaque migrant la bagatelle somme d’un million de francs CFA au moins (1 000 000 FCFA). Pas besoin d’être un génie des maths pour savoir que pour ces vingt deux mille migrants, on se retrouve à vingt deux milliards de francs CFA, investis dans leur projet de voyage. Objectif atteint, vingt deux milliards de FCFA pour vingt deux mille morts, un objectif atteint à 100% pour ces âmes perdues à jamais. Cela démontre que cette somme échappe au contrôle de nos Etats. En outre, ceci met à nu la préférence et l’attirance incroyable des jeunes pour cette aventure tragique dans le seul espoir d’une vie meilleure. C’est aussi une fin de non-recevoir ou de non attirance aux politiques et projets de gouvernance des chefs d’Etats africains en exercice perçus comme des manipulateurs et affamés d’intérêts personnels. Mieux, c’est un refus à la vie, oui une vie de difficultés, une vie de chômage, une vie de désespoir. Des jeunes africains font des économies, des parents y donnent toutes leurs économies, pour ce rêve qui meure presque toujours dans la mer. Cela dit, que faire pour juguler ce phénomène ? C’est la raison de la tenue du West african young leaders summit à Lomé au Togo du 6 au 9 septembre 2016.
Les retombées du Wayls

Wayls togo 2016 crédit photo: TOURE Issoumaïla
Wayls togo 2016
crédit photo: TOURE Issoumaïla

West african young leaders summit: constat et résolution
En effet, ceux sont ces nombreuses conséquences désastreuses qui ont conduit à la tenue du West african young leaders summit (Wayls), tenue à Lomé du 06 au 09 septembre 2016 autour du thème : « Les jeunes à la mer, quelles alternatives de solutions ? »
Pour ces jeunes venus en majorité des pays de l’espace Cédéao (Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest), l’entrepreneuriat est une alternative durable de solution face à ce phénomène, à côtés d’autres mesures spécifiques. Ainsi, ils recommandent aux Etats entre autres mesures :
– La révision des curricula des systèmes éducatifs des Etats afin d’intégrer les programmes de formation professionnelle et technique
– Faciliter l’accès aux micro-crédits pour les start-ups des jeunes et instituer des systèmes d’accompagnement des jeunes entrepreneurs et porteurs de projets d’entreprises
– Les renforcements de capacité des acteurs non étatiques (société civile, secteur privé…) pour augmenter leur capacité de création d’emploi et d’absorption de la main d’œuvre
– Développer des programmes d’information et de sensibilisation sur les enjeux de la migration illégale en mettant l’accent sur les populations rurales
– Faciliter les formalités d’accès et de circulation dans les pays qui font l’objet d’immigration
– Légiférer dans le domaine de la répression des passeurs en mettant l’accent sur la coopération dans le renseignement
– Faire le plaidoyer pour une harmonisation des législations sur le Droit maritime et la coopération inter africaine et internationale (dans les domaines de la sécurité maritime, de la piraterie, de la structuration de la pêche illégale…)
– Plaider pour une appropriation par les Etats africains des activités et investissements portuaires
– Vulgariser et encourager la création d’entreprises dans l’économie bleue (gestion des déchets des activités portuaires) et des filières techniques dans le maritime. Et bien d’autres mesures contenues dans le rapport final de ce sommet qui a tenue toutes ses promesses.

ABIDJAN, Le temple du savoir a un nouveau module d’enseignement: la VIOLENCE

L’Université Felix Houphouët-BOIGNY d’Abidjan a été ce lundi 18 juillet 2016 le théâtre d’une violence sans pareil. Comme en 1990, 1998, de 2001 à 2010 les voisins historiques « étudiants-policiers » ont démontré leur impossibilité à vivre ensemble pacifiquement. Pourtant combien sont nombreux ces policiers de tous rangs issus de la plus ancienne Université de Côte d’Ivoire. Avant d’entrer dans les causes profondes et les raisons de cette « bestialité » sans nom, je souhaite prompt rétablissement à toutes les victimes de ce conflit.

MANIPULATION POLITIQUE, REVENDICATION SOCIALE, DÉSIR DE POUVOIR?

Chacun y tire ses conclusions et analyses, mais en réalité pourquoi la violence ne peut cesser dans les méthodes revendicatrices de notre cher « FESCI »?

Voici un mouvement estudiantin qui se veut être « un syndicat« . Il est né de l’oppression du régime politique en place dans les années 1990. Il n’a eu depuis lors que la violence, les casses et pillages, les marches de gré ou de forces comme moyens d’expression. Ils sont peu les étudiants de la période 1990-2010 à ne pas avoir milité d’une manière ou d’une autre au sein de ce mouvement. Car soit on vous fait sortir de force des salles de cours pour accueillir le SG de la FESCI, un de leurs dinosaures, soit on vous oblige à respecter un rang parfois injuste sur les quai des bus. Tu  te décide à abdiquer à leurs mots d’ordre ou alors tu es bastonné ou molesté. C’est dans un tel contexte que nous avons tous milité pour éviter d’être victime de violence. Par ailleurs il y’a bon nombre de personnes qui ont milité par conviction à leur idéologie. Une troisième catégorie est celle des militants arrivistes, qui eux sont en quête d’un bienfait de la toute puissante structure: une bourse, une place dans le bus, un plat gratuit à l’université, une place même au sol dans une chambre en cité ou une salle de cours juste pour dormir, une admission à un concours etc. La FESCI a donc régné absolument sur le campus durant plus de 20 ans. Aujourd’hui, ses partisans et membres actifs d’alors sont nombreux dans l’administration publique, à l’Assemblée Nationale, dans certains Ministères et même au sein de l’armée et des forces de maintien d’ordre.

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La FESCI : SAVOIR REVENDIQUER!

Casser les vitres de la scolarité centrale, piller le matériel de bureau de la présidence de l’université, incendier les véhicules de service ou même des particuliers stationnés au sein de l’université, qu’est-ce qu’on en tire de bénéfique pour les étudiants et pour nous-même?

C’est le triste tableau qui a été laissé de voir surplace après l’affrontement FESCI-POLICE.

Cela m’amène à évoquer les rasons, selon moi, de cette grève qui a dégénéré.  A l’origine, une tentative de dissoudre la FESCI qui a échoué. Je pense à mon humble avis que c’est la première cause de la reprise de la violence en milieu universitaire depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. En effet, certaines personnalités, au vu des nombreuses actions de violence commise par la FESCI ont pensé qu’il serait plus souhaitable d’envisager de faire disparaître le monstre du FPI (Front Populaire Ivoirien). En réalité, la FESCI a vu le jour par le truchement de ce parti politique. On arrive donc au pouvoir, il faut supprimer les traces de l’ancien régime. Deuxièmement, on s’investit à créer ou a susciter la création de plusieurs autres mouvements estudiantins. On en dénombre plus d’une centaine actuellement sur la Fac. Enfin, on décide de la création de l’Association des Etudiants de l’Université Felix-Houphouët-BOIGNY. Là encore, on s’y prend mal. Car pour moi, si on veut un seul interlocuteur pour les étudiants, on crée un consensus autour de celui-ci et on met fin aux activités des autres mouvements. Mais dans un tel contexte, ne viole t-on pas le droit à la libre expression des autres étudiants qui ne ont le droit de ne pas se sentir concernés par ce nouvel organisme?

Enfin, les autres questions peuvent intervenir: la présence de la police sur une franchise universitaire, le délogement des étudiants pour les jeux de la francophonie, le manque de matériel dans les salles de travaux dirigés et de travaux pratiques, le manque de document dans les bibliothèques, les grèves intempestives des professeurs, le nombre insuffisant de bus etc. Quelque soit le sujet ci-dessus évoqué, on est tous unanime que ce sont des questions légitimes, et des préoccupations capitales pour les étudiants. Tous ces facteurs mis ensemble ont réveillé les vieilles habitudes de revendication de la FESCI.

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La leçon qu’on pourrait tirer de toutes ces stratégies infructueuses, c’est que la violence n’a jamais résolu les problèmes de l’université ni au profit des étudiants, ni au profit de l’Etat. la preuve est évidente, la FESCI ré-naît de ses cendres avec les mêmes méthodes agressives et barbares, elle prend de la légitimité, encore plus de visibilité qu’autrefois. Ensuite, les casses, pillages, destructions de biens et atteintes à l’intégrité physique des personnes sont de retour. Qui paiera la facture de ces casses et destructions de biens? l’Etat. Les étudiants vont encore perdre du temps dans leur formation. Ils vont attendre que l’Etat répare, réhabilite et équipe les bâtiments avant de reprendre le chemin de l’école. Pendant ce temps leurs paires continuent les études soit en Côte d’Ivoire dans d’autres universités, soit à l’extérieur du pays. C’est l’avenir de dizaine de millier d’étudiants qui est en danger. C’est la faute à qui? c’est la faute à l’Etat, c’est la faute à la FESCI, c’est notre faute à tous. On ne s’est pas revendiquer, on ne sait pas écouter, on ne sait pas prendre en considération nos compatriotes. Où est donc passé notre valeur d’homme et nos pratiques de pays du dialogue?

VIVEMENT UN ENVIRONNEMENT ASSAINI A L’UNIVERSITÉ CAR LE PAYS A BESOIN DE TOUS SES FILS POUR LA CONSTRUCTION DE LA NATION!